Pourquoi manger moins de viande ?

C’est vrai ça, pourquoi manger moins de viande ? s’interroge l’homo erectus qui pense devoir avaler sa ration quotidienne de protéines pour être en bonne santé.

60 Milliard. SOIXANTE MILLIARDS, c’est le nombre d’animaux d’élevage qu’on abat chaque année. 60 Milliards c’est un 6 suivi de 10 zéros : 60000000000.

C’est sans compter les poissons et le gibier.

Quand on sait que pour produire un kilo de viande de boeuf, il faut compter 12 à 14 kg de céréales (souvent du soja génétiquement modifié), 15’000 litres d’eau et entraine l’émission de 16 kg d’équivalent de CO2 : je vous laisse essayer d’imaginer la quantité de ressource que cela représente à l’échelle mondiale.
60% des ressources céréalières en fait, qui sont destinées en fourrage pour le bétail. En changeant de paradigme, ça revient à dire qu’en renonçant une fois à ton steak de 200g, tu as virtuellement économisé l’eau pour 75 bains, un trajet de 23 km en voiture et pourvu à l’équivalent d’une semaine de repas pour une famille d’un pays au tiers monde.Screen Shot 2015-09-21 at 10.27.15

A présent réfléchi à comment faut-il faire pour produire autant de viande ? T’es-tu déjà demandé pourquoi les abattoirs n’avaient pas de fenêtres et n’organisaient pas de portes ouvertes ?

Les abattoirs peuvent atteindre une cadence monstrueuse de 70 bovins abattus à l’heure, 600 porcs ou 12’000 poulets – en 60 minutes. Imagine la cadence pour les animaux et le personnel de ces usines à viande…

On parle de la qualité de ton steak haché ? Pardon, de ton minerai de viande : certains burgers ne sont composés que de petits morceaux invendables en l’état : chutes de muscles striés, tissus graisseux, nerfs, tendons ou cartilages. Attends il y a pire : la “viande séparée mécaniquement” ou VSM : il s’agit de morceaux raclés sur les os des animaux abattus, découpés et désossés. En plus des restes de viande, elle contient donc de la graisse, du collagène ainsi que des bouts d’os et de cartilage agglomérés.. et on peut l’utiliser aussi bien dans les raviolis que les saucisses. Miam miam !

Encore, ça c’est si t’as de la chance de manger du boeuf, et pas du cheval, du porc, du chien ou du kangourou estampillé “pur boeuf”. Savais-tu que certains chevaux de selle sensés couler une retraite paisible “disparaissent” et se retrouvent dans ton assiette ? Vive le recyclage ! Sauf que ces animaux contiennent aussi des anti-inflammatoire interdits dans l’alimentation humaine.

Vache folle, tremblante du mouton, H5N1, fièvre aphteuse… Depuis le 1er juin 2013, l’Union Européenne a à nouveau autorisé les farines animales dans l’alimentation des animaux d’élevages, sauf que ça s’appelle PAT (protéines animales transformées) et que pour éviter les risques de cannibalisme, les volailles seraient nourries avec de la farine de porc et inversement. Jusqu’à ce que d’immondes industriels peu scrupuleux mélangent par inadvertance les produits.

Pourtant c’est monstre alléchant, le bacon avec des oeufs brouillés, un steak avec des frites croustillantes, un filet mignon et sa sauce aux morilles, un bon poulet rôti à la peau croustillante. Je le reconnais volontiers. Mais trouves-tu normal de manger un animal engraissé au tourteau de soja OGM, qui n’a jamais vu la lumière du jour mais qui a parcouru plus de kilomètres que tes dernières vacances pour se faire abattre avant de venir garnir ton assiette ? Interroge-toi sur ce que tu manges, bordel ! Et ne me dis pas que tu n’as pas le choix ou que tu ne peux rien y faire : tout achat, au resto, au super-marché ou à l’épicerie est un vote, qui soutient soit un groupe agro-alimentaire, soit un producteur bio. Alors voilà, informe-toi, poses-toi les bonnes questions, poses-leurs les bonnes questions et si sciemment tu renonces à manger de la viande chaque lundi, ce n’est qu’un petit « sacrifice » qui fera du bien à toi et à la planète…!

Bon appétit (et j’attends vos remarques dans les commentaires).

R’M à thème : Cuisine péruvienne *
Ceviche et Papa a la huancaina (vegan)

Sources :

 

3 réflexions sur “Pourquoi manger moins de viande ?

  1. Tu ne parles que des éxtrêmes, il existe encore des bouchers « locaux ». Tous les abattoirs ne sont pas aussi grands que tu le dis. Tous les animaux ne sont pas importé du brésil. Ton article vise a choquer en ne parlant que des extrêmes et malheureusement perd ainsi son objectivité et, dès lors, sa crédibilité.

    1. Moi je trouve intéressant de savoir de manière globale ce que nous faisons vivre nous humains à une proportion si indécente d’êtres sensibles. Non tous les animaux ne sont pas importés, mais les abattoirs locaux restent des abattoirs….. avec tout ce que cela comporte. Je t’invite, « une réaction » à venir visiter un abattoir, pas seulement pour y voir la mort de près, mais pour écouter et sentir cette mort, car la mort a une odeur. Même les animaux pour la viande bio passent par ces mêmes abattoirs (ces endroits oû on tue des êtres sensibles pour le gustatif de certains ….)

  2. Savais-tu que le Brésil ambitionnait de produire 44% du boeuf consommé dans le monde d’ici 2024 ? Savais-tu que 90% aujourd’hui de la production de soja dans le monde est destinée à l’alimentation animale ? Alors oui il existe des bouchers et des agriculteurs qui respectent l’animal et la nature : c’est tout à leur honneur et je loue leurs mérites. Mais si je mets effectivement en exergue les extrêmes, comme tu dis, c’est qu’ils existent, ailleurs mais aussi chez nous. Et surtout représentent le gros, la masse, la majorité, malheureusement de ce qui se consomme…
    Est-ce que tu n’achètes que ta viande chez le boucher ? Est-ce que tu regardes systématiquement la provenance de la viande sur le menu du restaurant, et décline si ça ne te plait pas ? Est-ce que tu reposes les produits dans l’origine n’est pas tracée ? Si oui, bravo, honnêtement je te félicite.
    Penser global, agir local : c’est quatre mots qui résument mon article.

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